Du domaine des Murmures - Carole Martinez

Du domaine des murmures

5 étoiles
L'histoire
En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe. Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et son souffle parcourra le monde jusqu'en Terre sainte.[Résumé de l'éditeur]

Mon avis
C'est encore sous le charme du Cœur cousu que j'ai abordé Du domaine des Murmures et une fois encore Carole Martinez m'a émue, emportée et conquise grâce à ses indéniables talents de conteuse.
Ce roman nous emmène au cœur d'un moyen-âge pieux, superstitieux et guerrier (c'est la période des croisades). La jeune Esclarmonde décide de s'emmurer pour fuir ce que lui réserve la vie de par sa condition de femme : un mariage arrangé, une vie de labeur sans amour ... Elle se consacrera désormais à la prière.
Mais au fil de jours elle se découvre mère et l'amour immense qu'elle porte à son fils lui révèle une part de l'humanité qui lui redonne foi en l'homme et rend son emmurement choisi plus difficile encore...
Si l'histoire est moins foisonnante et moins fantastique que celle du cœur cousu, elle n'en demeure pas moins touchante, vibrante et très bien écrite. Cette histoire de femmes dans un monde d'hommes (thème cher à Carole Martinez il semblerait) est superbe et l'amour que ressent une mère pour son fils est magnifiquement décrit : les mots sonnent justes, sans excès et tout en finesse. Livre après livre, Carole Martinez semble s'imposer comme une romancière d'exception. Très belle histoire, très belle écriture... bref, un roman superbe.

Citations
L'été qui régnait de l'autre coté des les barreaux n'y changeait rien. La douleur est une saison en soi.


J'ai regardé impuissante, mon enfant s'éloigner en prenant conscience que je ne le reverrais sans doute jamais. J'ai compris cette douleur à laquelle Dieu avait condamné les femmes depuis la chute. L'enfantement n'étais pas seulement une torture physique, mais une peur attachée comme une pierre à une joie intense. .


Et moi, j’étais entrée dans ma cellule comme en un navire, j’y avais essuyé des tempêtes, abordé des terres inconnues, j’y avais tout perdu et tellement espéré. Comment pouvait-on tant apprendre, tant changer, tant souffrir, tant vieillir, en si petit espace ?



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