La tête en friche - Marie-Sabine Roger

La tête en friche

4 étoiles
L'histoire
Germain a quarante-cinq ans, une vie simple partagée entre ses boulots occasionnels, ses copains de bar, sa caravane et son potager. A force d'entendre qu'il est un bon à rien un peu benêt, il a fini par le croire et s'en accommode tant bien que mal...
Sur un banc, il rencontre Margueritte, quatre-vingt-six ans, le corps frêle et l'esprit vif et qui comme lui s'amuse à compter les pigeons. A la différence de son entourage habituel, elle le traite avec déférence. Une rencontre qui va beaucoup compter. Petit à petit, Margueritte s'immisce dans son quotidien et lui transmet son goût des mots, des livres et du savoir. Elle restaure ainsi son image de lui-même abîmée par une mère peu aimante.

Mon avis
La tête en friche est une comédie d'été, un "petit" roman qui se déguste sans effort. Il est empreint d'une certaine bonhommie. La tête en friche sait vous faire basculer avec bonheur dans un univers gai, ensoleillé et presque "pagnolesque" (l'accent en moins).
La rencontre improbable et heureuse entre deux êtres que tout oppose est un thème récurrent de la littérature et du cinéma mais Marie-sabine Roger l’exploite adroitement et joue merveilleusement avec les émotions du lecteur. La rencontre entre Germain et Margueritte est un vrai bon moment de lecture fait de petites trouvailles, de situations drôles, émouvantes et tendres.
Marie-Sabine Roger est aussi auteur de livres pour enfants, et cela se ressent dans La tête en friche : le monde de l'enfance n'est pas loin notamment par le biais du personnage de Germain dont elle fait un grand enfant à fleur de peau. C’est d’ailleurs le seul reproche que je peux faire à ce roman : le trait est parfois un peu forcé pour faire de Germain un ours mal léché au grand cœur et aux mauvaises manières.
Pour pleinement apprécier ce roman, il faut donc le lire en toute légèreté, sans ironie et le considérer comme une détente toute en émotions. Et en plus, il vous donnera envie de relire Camus, Gary et Sepúlveda.

Notes
Pour avoir vu le film de Jean Becker récemment, et même si je l'ai trouvé magnifiquement interprété - que ce soit par Gérard Depardieu ou par Gisèle Casadesus qui jouent très juste - je garde une préférence pour le roman que j’ai trouvé plus riche et plus subtil.

Citations
C'est pour meubler le temps qu'on fait des conneries. On passe des années à rêver d'être grands, tout ça pour regretter quand on était petits.
Le privilège de l'âge, c'est que lorsqu'on s'ennuie, au moins, ce n'est plus pour longtemps.
Si mes parents m'avaient voulu, j'aurais sûrement fait leur fierté. Pas de chance.


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